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Un méthaniseur initié par des éleveurs

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Une véritable opportunité économique et territoriale

Le projet de la SARL VIE répond à une logique d’entreprise locale impulsée par des agriculteurs qui ont souhaité mettre en commun leurs forces pour pallier leurs faiblesses et valoriser globalement leur territoire.

Avant de sortir de terre, il aura nécessité 3 ans de réflexion et 1 an de travaux "ce qui est un délai
relativement court
", positive Guy Debregeas, l’un des cinq associés du GAEC de la Redondie à Saint-Astier.

L’installation de ce méthaniseur agricole et rural représente une réelle opportunité économique et
territoriale pour le GAEC spécialisé en élevage bovin. Il lui permet de

  • De consolider les ateliers existants sur l’exploitation,
  • De sécuriser ses apports en paille,
  • De répondre aux différents besoins des céréaliers voisins,
  • De réduire les nuisances olfactives des lisiers de canards de l’exploitation voisine
  • D’apporter des solutions locales pour valoriser les déchets des structures agricoles à proximité : laiterie Picandine, abattoirs municipaux de Ribérac, Société coopérative agricole du Ribéracois (SCAR).
La valeur fertilisante du digestat : une plus-value non négligeable

Parmi les apporteurs, on retrouve la laiterie Picandine, un industriel (750 m³ par an de lactosérum),
ainsi que l’abattoir de Ribérac et la SCAR de Saint-Astier qui amènent des issues de céréales.

Les apports qui découlent de ces partenariats locaux font la qualité du digestat selon l’agriculteur :
"J’attache beaucoup d’importance à la valeur fertilisante du digestat. On voulait un digestat facile à épandre, facile à transporter et facile à stocker. Ce qui est intéressant avec les apports des industriels, c’est que l’on rajoute des valeurs fertilisantes au digestat : azote, potasse, phosphore que l’on retrouve ensuite sous une autre forme dans ce même digestat. Au final, ces apports viennent enrichir le bilan matière d’une exploitation agricole."

S'appuyer sur des experts pour un meilleur accompagnement

Pour accompagner la SARL VIE, la Chambre d’agriculture et le bureau d’études ASSELDOR
Méthanisation
ont respecté un postulat fixé par Guy Debregeas. "Nous ne sommes pas partis d’une
machine mais d’un projet. Nous sommes allés chercher des innovations en Italie, au Luxembourg, en Allemagne pour trouver des solutions qui répondent au cahier des charges. C’est le projet qui s’adapte au territoire pas l’inverse
"
, explique Julien Michau, Chef du Département Dynamiques Environnementales et foncières à la Chambre d'agriculture.

"Il faut s'entourer des gens qui ont les compétences !"

L’expertise et l’accompagnement sont indispensables dans un projet de cette envergure. Guy Debregeas a su l’apprécier :

"Si je n’avais pas été accompagné, je ne me serais pas engagé dans un projet comme celui-là. C’est un travail d’équipe, de partage et d’interrogations collectives. L’innovation on ne la fait que si on partage ou on échange comme j’ai pu le faire avec les céréaliers, avec la Chambre d’agriculture, ... Il faut s’entourer des gens qui ont les compétences."

Quand on s’engage dans ce genre de projet, on se demande si on sera capable de le porter jusqu’au bout car c’est assez complexe mais pendant la phase de travaux on se l’approprie au fur et à mesure de l’avancée des travaux.

Prendre le temps de la réflexion

Il faut vraiment que ce soit son projet et qu’il soit adapté à son environnement et à son exploitation.

On a coutume de dire que les projets de méthanisation sont longs en France. Mais 3 ans de réflexion pour un an de construction cela me paraît raisonnable. Prendre le temps de la réflexion c’est aussi bien pour trouver tous les partenaires qui sont intéressés localement par le projet. "

► L'unité qui est opérationnelle depuis 2015 fédère éleveurs, céréaliers et industries agro-alimentaires locales. Retour sur l'expérience de Guy Debregeas, éleveur et co-gérant de la SARL VIE.

2 000 000 de kWh sont produits annuellement par le méthaniseur ce qui équivaut à la consommation d'énergie de 425 foyers

Des innovations dénichées en voyage d'études

Les voyages d'études organisés pendant la phase d'accompagnement permettent de découvrir des dispositifs innovants comme ici un évaporateur sous-vide qui va concentrer au maximum le digestat liquide brut produit par le process de méthanisation par extraction d’eau.

Ce dispositif repéré lors d’un voyage d’études en Italie est piloté par un automate programmable. Le digestat liquide brut produit par l’unité de méthanisation est envoyé vers un séparateur de phases à vis. Ce matériel permet de récupérer une phase solide (le refus solide, riche en phosphore) et une phase liquide riche en nutriments (ammoniaque et potasse). 

Parole d'expert

Ce projet est un exemple d'économie circulaire avec une grande complémentarité entre agriculteurs. Ce méthaniseur fait le lien entre les céréaliers et les éleveurs : d'un côté les céréaliers récupèrent le digestat pour l'apport de matière organiques et de fertilisants et en contrepartie le GAEC de la Redondie sécurise son approvisionnement en paille. La paille produite par les céréaliers est récupérée par le GAEC pour produire du fumier qui servira ensuite à produire de l'énergie et du digestat qui repartira in fi ne chez les céréaliers.

Julien Michau, Chef du Département Dynamiques Environnementales
et Foncières à la Chambre d'agriculture.

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